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  • Thèmes : Aménagement Ville
  • Ouvert à participation : Lundi 07 Novembre 2011 - Lundi 12 Décembre 2011
Résultats


La rue Traversanne, parce qu’elle pourrait à terme s’inscrire dans un itinéraire de liaisons inter quartiers imaginé dans le cadre du projet urbain Bordeaux (re) centres, mais aussi parce cette notion s’inscrit aussi dans des parcours beaucoup plus quotidiens (le chemin de l'école, du travail, du conservatoire ou incluse dans le périmètre d’une promenade …), fait actuellement l’objet d’un projet de requalification.

 

 La rue Traversanne 
La rue Traversanne, entre la place Maucaillou et la placette du Séminaire.

 

Des débats physiques et virtuels
Pour recueillir en amont l’avis des habitants ou usagers sur le devenir de cette rue, la Ville a engagé une formule de concertation inédite, articulant des réunions physiques et une consultation sur internet  via la plateforme jeparticipe.bordeaux.fr.
"Jeparticipe" est en effet un outil propice à la participation élargie (puisque non limitée par un territoire préalablement défini), sans pour autant se substituer au débat « en face à face ».
Ce sont au final 65 personnes qui se sont intéressées au projet de requalification de cette rue, dont 2/3 par le biais du questionnaire "Jeparticipe".
Quelques différences sont à noter entre les personnes qui ont participé physiquement aux réunions et les internautes :
- aux réunions, ce sont principalement des habitants du quartier, la moitié résidant rue Traversanne et l’autre les rues adjacentes ; Quant aux internautes, 2/3 vivent en dehors du périmètre de cette rue.
- autre particularité, la majorité des personnes présentes aux réunions a une voiture alors que seulement 1/3  des internautes en possède une.

Le stationnement au cœur du débat
Même si la majorité des résidants possède un garage ou loue un emplacement,  tous reconnaissent que les places de stationnement dans le quartier ne sont pas nombreuses et que bien souvent le stationnement illicite empêche l'accès aux garages ou gêne le passage.

Conserver le stationnement et sécuriser les cheminements sont deux demandes qui s'opposent d'un point de vue technique (compte tenu de l’étroitesse de la rue), mais aussi parce qu'une offre de stationnement génère automatiquement de la circulation.

Mieux partager l'espace
Parmi les exigences du projet, la suppression des 21 places de stationnement apparaît comme un préalable indispensable. Les nouveaux usages de la rue induisent un véritable changement de statut, et celle-ci deviendra une zone de rencontre, où la circulation des voitures sera fixée à 20 km/heure et la priorité laissée aux piétons, en cohérence avec la réglementation adoptée pour l’espace Saint Michel.

83% des internautes et la majorité des habitants présents aux réunions voient dans ce statut une manière plus sûre et plus sereine d’amplifier la mixité des déplacements (double sens cyclable – vitesse limitée à 20 km/h – piétons prioritaires). La plupart des participants pensent également que la mise en place d’une zone de rencontre aura un impact positif sur les relations sociales.

Pour encourager la convivialité et pour que les usagers, piétons ou habitants s'approprient le lieu, un profil "à plat" avec des bordures de trottoirs minimales (2 cm) est privilégié. Grâce à ce profil de bordures, une perspective élargie de l'espace public et des façades sera offerte aux différents usagers de la rue et mettra en valeur le bâti. L'aménagement d'un trottoir de 1m80 d'un côté, avec des potelets pour éviter le stationnement illicite, permettra par ailleurs de sécuriser les déplacements piétons et d’offrir un bon confort d'utilisation. Largement au dessus des normes d'accessibilité (fixées à un 1m40), cette proposition autorise au surplus un trottoir de 1 mètre de l'autre côté.

La rue Traversanne
Profil de la rue avant le projet de requalification.

La rue Traversanne
Profil de la rue d'après le projet de requalification : un partage privilégiant le confort des piétons.

Questions / réponses

  • Les participants se sont interrogés sur l’utilisation de la cale bordelaise, dont la teinte est considérée comme trop claire pour les trottoirs, et auraient souhaité que la voie soit traitée comme l’a été la rue Porte de la Monnaie.
    Le traitement des rues, s’il n’est pas forcément uniforme, nécessite néanmoins une certaine cohérence à l’échelle de la ville, faisant l’objet d’une charte des espaces publics et de marchés avec les fournisseurs des matériaux sélectionnés. Le montant financier alloué à ce projet contraint aussi les possibilités d’évolution. Cependant, la question de clarté de la cale bordelaise semble être un point d’amélioration possible : une diversité de teintes (plus ou moins foncées) sera utilisée, de manière à donner un aspect vieilli aux trottoirs.
  • Les participants ont demandé des précisions sur l’écoulement des eaux pluviales et la capacité de la chaussée à absorber l’eau en cas de pluies importantes, la plupart des immeubles ayant un pas de porte au ras du trottoir (risque de vague en cas de passage de véhicules).
    Les trottoirs possèdent toujours une pente légèrement inversée par rapport à la voie circulée, afin d’éviter toute stagnation d’eau et permettre la collecte des eaux pluviales par les bouches d’avalement. Les techniciens seront attentifs à bien dimensionner le nombre de bouches, notamment du côté du trottoir le moins large.
  • Concernant le principe d’une végétalisation de la rue, les participants se disent en majorité favorables à des végétaux grimpants (glycines, roses trémières …), plantés dans le sol plutôt qu’en jardinières (qui généralement constituent des réceptacles pour de nombreux déchets).
    Ceci nécessite des études fines, compte tenu de la présence de nombreux réseaux souterrains qui empêchent très souvent la plantation en pleine terre. La solution consistant à implanter des bacs ou des jardinières permettrait de dépasser cette contrainte technique forte, mais elle n'a pas été retenue. Des possibilités « au cas par cas » seront donc examinées en fonction des diagnostics établis.
    Deux contraintes sont par ailleurs à noter : - une contrainte financière liée à l’acquisition et l’implantation de fosses spécifiques (garantissant notamment une bonne étanchéité avec les maisons mitoyennes), - un engagement formel des propriétaires concernés pour planter et entretenir les sujets (convention à élaborer).
  • Compte tenu de l’attractivité potentielle de la rue, vous ne souhaitez pas qu’à l’avenir des demandes de terrasse soient autorisées.
    Toute demande d’implantation de ce type fait l’objet d’une demande formelle et d’un examen « au cas par cas » selon de nombreux critères qui concernent aussi bien les problématiques d’accessibilité (pompiers, personnes à mobilité réduite …) que le confort des riverains. A ce stade, il paraît effectivement difficile d’accorder ce type d’autorisation, sachant que l’occupation du domaine public fait actuellement l’objet d’une réflexion globale à l’échelle du centre-ville de Bordeaux.

Pour résumer
A l’issue des différents échanges, il est donc proposé :
- la suppression du stationnement,
- une chaussée de 2 m 60,
- un trottoir de 1 m 80 d’un côté avec une rangée de potelets pour éviter le stationnement illicite et un trottoir de 1 m de l’autre,
- des bordures de trottoirs abaissées à deux centimètres de façon à fluidifier le cheminement des piétons, - des carrefours aménagés pour faciliter les girations (oreilles) et ralentir la vitesse (plateaux).

Les travaux devraient démarrer au cours du 1e semestre 2012 (durée prévisionnelle d’environ 3 mois).

En savoir plus
Le blog Bordeaux Re[centres]
Le blog du quartier Saint-Michel
Le site du projet urbain de Bordeaux : Bordeaux 2030

 

Une page d'histoire...
L'établissement des frères mineurs, près du Maucaillou, autorise Jean Dissenta (commerçant bourgeois) à percer vers 1228 la rue qui porta d'abord son nom et qui est aujourd'hui la rue Traversanne.

La très savante thèse d'Ezéchiel Jean-Courret  mentionne un toponyme médiéval "rua Trabersana » d'après un acte du 16 juillet 1250 et donne des informations sur les "maisons" de cette rue.

La rue est élargie d'après un plan d'alignement de 1817 où la commission des travaux publics mentionne qu'elle est déjà exécutée sur une largeur de plus de 5 mètres.
De cette période, la rue a gardé plusieurs maisons du XVIII ème siècle. Elles sont d'une architecture très modeste et empreintent aux maisons rurales de Gironde à la même époque‬.
Les plus remarquables sont celles qui se situent près de la place du Séminaire.

Cette "traverse" assurait à l’origine la liaison entre les places du Maucaillou et du Séminaire.

Plusieurs rues du Bordeaux médiéval portèrent le nom de "traversanne" ; seule celle-ci a conservé cette appellation (Robert Coustet, Le nouveau biographe bordelais, 2011).

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